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Lundi 5 mai 2008

              Le Vignoble Bergeracois


Établi sur les deux rives de la rivière la Dordogne, dans le département de la Dordogne, à l'est du bordelais, le vignoble du Bergeracois regroupe plus de 12 000 hectares répartis sur 93 communes.
Il s’étale en terrasses au-dessus de la vallée de la Dordogne et se répartit en plusieurs zones. La rive droite de la Dordogne est principalement constituée de terrasses dont les sols sont tapissés de graviers, de sables et d'alluvions. La rive gauche, particulièrement bien ensoleillée, possède souvent un relief plus accusé et marqué par la succession de coteaux, où les sols calcaires et argilo-calcaires prédominent.
Rare région viticole de France produisant autant de vins blancs que de vins rouges (52% de rouge, 48% de blanc), le Bergeracois offre l'extrême diversité de ses 13 AOC (Appellations d’Origine Contrôlée). Ses AOC Bergerac rouge, Bergerac sec, Bergerac rosé, Côtes de Bergerac rouge et Côtes de Bergerac moelleux sont des vins qui peuvent être produits sur l’ensemble de la région viticole. Par contre, les appellations Pécharmant, Rosette, Monbazillac, Saussignac, Montravel, Haut-Montravel et Côtes de Montravel sont des vins issus de terroirs géographiques bien délimités qui répondent à des conditions d’élaboration précises.
À chaque récolte, tous les vins du Bergeracois sont soumis à la dégustation et à l’analyse d’experts pour mériter l’Appellation d’Origine Contrôlée.
Depuis quelques années déjà, le vignoble Bergeracois suscite un intérêt croissant de la part d'investisseurs qui s'impliquent avec succès dans sa mise en valeur.

QUELQUES CHIFFRES CLÉS

 

Superficie :

 



Le vignoble de Bergerac couvre 12 700 ha répartis sur 93 communes, soit 2,6% de la surface viticole AOC d’Aquitaine (141 000 ha).
La surface moyenne des exploitations est de 11 à 12 ha, la moitié des exploitants ayant moins de 7 ha.

Production :

 


La production moyenne (sur 5 ans) est de 610 690 hl, soit 8% de la moyenne sur 5 ans de la production AOC en Aquitaine (7 597 200 hl) et 2,4% de la moyenne sur 5 ans de la production nationale en AOC (25 362 800 hl).
57% de la production sont des rouges, 39% sont des blancs dont 18% sont des blancs secs, 13% des blancs moelleux et 8% des blancs liquoreux.

Les hommes :

 





On compte 1 149 vignerons (récolte 2002) dont 45% sont indépendants et 55% sont regroupés en coopératives (produisant 31% de la production totale). Leur âge moyen est de 50 ans.
8 courtiers (> 10 000 hl/an)
15 négociants (> 10 000 hl/an)
Plus de 1 700 emplois directs à plein temps.

Exportations :

 

Environ 15% des ventes des AOC des Vins de Bergerac sont faites à l'export.

Divers :

 

 

6 caves coopératives sont implantées sur le département de la Dordogne et 4 aux frontières du département.

Une brève histoiredu vignoble Bergeracois


Bien que le vin fut introduit en France par les Étrusques, vers le VIIe siècle avant notre ère, c’est bien sous la conquête romaine que la vigne connut son expansion en Gaule. Avant cette époque, le vin était généralement importé d’Italie, comme le prouvent les abondantes traces d’amphores vinaires que l’on a retrouvées dans toute la vallée de la Dordogne.
Mais dès le 1er siècle, les notables de Burdigalla (Bordeaux) appartenant à la peuplade celtique des Bituriges vivisques, décident de planter leur propre vignoble dans le Bordelais. Pour cela, ils firent appel à un cépage importé des Balkans, plus résistant au froid et donc mieux adapté aux terroirs et au climat océanique de la région. Ce cépage baptisé Biturica, du nom d’une tribu gauloise, se révéla être le lointain ancêtre du cabernet-sauvignon qui fait encore la réputation du vignoble Bordelais.
Très rapidement, ces vignerons surdoués développèrent une culture prospère qui s’étendra à l’ensemble de la Gaule, et même bien au-delà. Toutefois, après la chute de l'Empire romain, les différentes invasions de Barbares et autres Sarrazins (qui n'étaient pas consommateurs de vin) ne favorisèrent pas le développement de la vigne. Mais c’est en partie grâce aux moines que la viticulture perdura, le vin de messe étant indispensable aux sacrements de l'Église chrétienne. C’est donc aux alentours des monastères et des abbayes que les vignes se cantonnèrent durant des siècles et que la viticulture continua de prospérer et de s'enrichir d'un savoir-faire dont nos actuels vignerons sont les dignes héritiers.

C’est ainsi qu’en 1080, les moines bénédictins installent leur prieuré et entreprirent dès le XIIe de cultiver la vigne à Bergerac et sur les coteaux de Monbazillac. La légende leur attribue la découverte fortuite de la «pourriture noble» : trop occupés ailleurs, les moines auraient délaissé leurs vignes laissant le Botrytis Cinerea s’y développer. Refusant ensuite de perdre la récolte, ils auraient involontairement découvert les vertus de la surmaturation qui est à l’origine du Monbazillac.


XIIe
siècle : L'Angleterre et la naissance d'un grand vignoble commercial

En 1152, lors de son mariage avec Henri II Plantagenêt, futur roi d’Angleterre, Aliénor d’Aquitaine arracha ses possessions au roi de France en faisant de l’Aquitaine une terre anglaise. C’est alors que commença le commerce des vins vers l’Angleterre. En 1254, Henri III, roi d’Angleterre et duc d’Aquitaine, cherchant à s’assurer la fidélité des bergeracois, accorda à ses habitants le privilège d’expédier leurs vins au port de Libourne sans avoir à supporter la moindre entrave de la part des concurrents bordelais. Ils furent également exempté de la «prise des vins», l’une des taxes levées à l’importation en Angleterre, encouragement royal à approvisionner de leurs vins le marché anglais. Les vins de Bergerac profitèrent pendant trois siècles de ce commerce maritime très actif que favorisait l'occupation anglaise. La cité devient alors un important centre de rassemblement et de commercialisation pour les vins de la région.
Après le départ des Anglais, les bourgeois de la ville voulurent conserver leurs prérogatives. Mais pendant des siècles, les consuls ont ferraillé devant les cours de justice pour que leurs tonneaux puissent descendre la Dordogne sans être inquiétés par les gabelous bordelais rétifs aux lois de la concurrence. Il fallut attendre François Ier pour que les droits de péage perçus par les Girondins soient abolis.

 

 

Une nouvelle ère commerciale

 

 

 

 

Après la période troublée de la Guerre de Cent Ans, le Périgord connaît enfin une nouvelle période de prospérité favorable aux commerces du vin. Le protestantisme s'implante alors en Sud Dordogne. Pour négocier avec la royauté, Henri de Navarre (futur roi Henri IV) installe son état-major à Bergerac tout en s'appuyant sur les personnages influents du Périgord dont Montaigne, La Boëtie, Jacques Nompar de Caumont. La ville devient alors un foyer intellectuel de toute première importance.
Suite à la révocation de l’Édit de Nantes, à la fin du XVIIe siècle, une nouvelle ère commerciale débute avec l'apparition de nouveaux clients : les Hollandais, ou plutôt les expatriés huguenots réfugiés en Flandres. C’est à cette époque que bon nombre de vins, notamment blancs, sont commercialisés : ce sont les fameuses Marques Hollandaises.



Crise et prospérité
L
a culture de la vigne étant la plus rémunératrice pour les gens de la terre, le vignoble occupait au début du XIXe tout le département de la Dordogne. Il y avait beaucoup de mauvaises piquettes ; mais on trouvait également de bons vins, et pas seulement dans le Bergeracois. On a gardé le souvenir des vins de Domme, de Brantôme, de Sorges, de Saint-Léon-de-Vézère, de Savignac-les-Églises, Excideuil, Saint-Pantaly-d’Excideuil, Verteillac, Rossignol, Vanxains, Saint-Martin-le-Pins ou Montignac.
À la fin du XIXe, le vignoble bergeracois n’est pas passé au travers de la terrible épidémie de phylloxéra qui dévaste les vignes européennes. Ici comme ailleurs, le puceron venu d’Amérique a transformé ceps et sarments en fagots. Seul le greffage des cépages européens sur des pieds «porte-greffes» américains (vitis riparia, vitis rupestris) résistant au parasite permet, dans la première moitié du XXe siècle, le sauvetage et la restauration des vignobles d'Europe.
Si la vigne a fini par renaître, jamais elle n’a reconquis les arpents perdus. Actuellement, elle couvre à peine vingt mille hectares, soit six fois moins qu’il y a un siècle.

La seconde moitié du XXe siècle est caractérisée par de nombreux progrès techniques et l'essor de l'œnologie moderne. Les moyens ainsi mis en place permettent à l'économie viticole, notamment en France, de surmonter la crise de la première moitié du siècle, née du durcissement de la concurrence, des fraudes et de la surproduction. Instauré dans les années trente, le système français d'appellation d'origine contrôlée (AOC) constitue une réponse satisfaisante et largement imitée.






Les 13 appellations du vignoble bergeracois

Les 5 AOC Bergerac


Les AOC Bergerac rouge, Bergerac sec, Bergerac rosé, Côtes de Bergerac rouge et Côtes de Bergerac moelleux sont des vins qui peuvent être produits sur l’ensemble de leur région viticole contrairement aux autres appellations du vignoble Bergeracois qui sont issues de terroirs géographiques bien délimités.
Les Côtes de Bergerac sont issus des meilleures sélections de chaque viticulteur.

BERGERAC SEC
L
'appellation Bergerac sec doit titrer de 10 à 13% vol et contenir au plus 4 grammes de sucre. Ils sont issus de l'assemblage du Sémillon, Sauvignon, Muscadelle, Ondenc et Chenin Blanc.
Ces vins à la robe claire et brillante se distinguent par un nez floral et subtil. Ils se consomment de préférence jeunes, période où ils délivrent toute leur fraîcheur aromatique ; ils sont alors nerveux et fruités en bouche. Mais ils supportent bien le vieillissement ; ils sont alors gras, ronds avec une une complexité révélée par le bois.
Les Bergerac Sec accompagnent les entrées, les poissons et crustacés, les truffes et le fromage de chèvre. Il convient également de les boire en apéritif pour le Kir.
BERGERAC ROSÉ
L
a production des vins rosés est récente. Ces vins obtenus par macération courte sont élaborés par assemblage de Merlot, de Cabernet Franc et de Cabernet Sauvignon. Ils doivent titrer de 10%vol à 13%vol.
Ils se distinguent souvent par une délicate couleur saumonée et une certaine fraîcheur aromatique.
Ils s’apprécient jeunes, quand ils expriment le maximum de leur richesse aromatique. Structurés et rafraîchissants, les Bergerac Rosé s'accordent avec les charcuteries, les repas d'été, les salades composées et les grillades.
BERGERAC ROUGE
L
'appellation Bergerac rouge est donnée à des rouges plus légers que les Côtes de Bergerac rouge. Ils doivent titrer de 10 à 13%vol.
Issus de l’assemblage des cépages traditionnels (Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc, Merlot Noir, Côt ou Malbec), les Bergerac rouges sont souples, élégants, et fruités avec des arômes de fraises, cassis et autres fruits rouges.
Flatteurs au palais, généreux, bouquetés et gouleyants, ils peuvent être consommés jeunes (2 à 3 ans), s’apprécient mieux au bout de 4 ou 5 ans, et peuvent développer une belle générosité au vieillissement. Les Bergerac Rouge sont parfaits avec les viandes rouges, gibiers, magrets, confits et fromages.
CÔTES DE BERGERAC ROUGE

Les Côtes de Bergerac rouge sont issus des meilleurs sélections de chaque viticulteur bénéficiant le plus souvent d'un élevage en fût. Ils correspondent à un type de vin plus corsé que le Bergerac rouge et non pas à une aire géographique.
Ils doivent titrer de 11 à 13%vol, et sont assujettis à un moindre rendement que le Bergerac.
Cabernet Sauvignon, Cabernet Franc, Merlot Noir, Côt ou Malbec, donnent aux Côtes de Bergerac rouge cette intense couleur sombre. Structurés et complexes, ils présentent des arômes de fruits confits comme le pruneau.
Leur exceptionnelle structure tannique leur confère une excellente aptitude au vieillissement. Ils atteignent leur plein épanouissement vers 5/6 ans et peuvent tenir encore 5 à 10 ans selon les millésimes.
CÔTES DE BERGERAC BLANC
Les côtes de Bergerac blanc se divisent en trois catégories : demi-sec, moelleux et doux, selon leur richesse en sucre. Les Côtes de Bergerac Moelleux représentent l'essentiel de la production. Ils sont issus de l’assemblage de 3 cépages classiques, Sémillon, Sauvignon et Muscadelle — le Semillon étant le cépage de prédilection.
Les Côtes de Bergerac demi-sec doivent titrer de 12 à 14,5%vol et contenir de 5 à 17 grammes de sucre résiduel. Ils n'ont pas le droit d'employer l'ugni.
Les Côtes de Bergerac moelleux sont des blancs titrant au minimum 12%vol et contenant de 18 à 54 grammes de sucre.
Les Côtes de Bergerac moelleux sont des blancs titrant au minimum 12%vol et contenant de 18 à 54 grammes de sucre.
Produits à partir d’une dominance de cépage Sémillon, les Bergerac moelleux sont des vins à la robe paille brillante alliant rondeur en bouche et fraîcheur aromatique.
Ils s’apprécient dans leur pleine jeunesse mais prennent en vieillissant une ampleur remarquable.
Ils se dégustent à l’apéritif, sur les poissons en sauce, sur les salades et sur certains fromages comme le Bleu des Causses, ou au dessert;

Les 4 AOC Montravel

Les Montravel blancs se répartissent entre Montravel (sec), Côtes de Montravel (moelleux), Haut-Montravel (moelleux ou liquoreux par dérogation) et, depuis 2001, Montravel rouge.
Ces vins sont issus principalement de Sauvignon, associé au Sémillon et Muscadelle. L’ondenc et le chenin blanc peuvent aussi servir à l’élaboration de l’appellation Montravel.
Le nom « Montravel » viendrait du latin In Monte Revelationem (Sur le mont, j’ai eu la révélation).

MONTRAVEL
L
’A.O.C. Montravel s'applique à des blancs de plaine, titrant de 10 à 13%vol, secs mais contenant au moins 4 grammes de sucre résiduel. Ils sont issus principalement d'un assemblage de Sémillon, de Sauvignon et de Muscadelle, le Sauvignon étant largement dominant (l'ondenc et le Chenin blanc peuvent aussi servir à l'élaboration de l'appellation Montravel).
Très aromatiques, ces vins se caractérisent par une généreuse structure en bouche, des arômes de fleurs blanches, souvent élevé sur des lies fines. Ils peuvent être bus jeunes mais peuvent aussi vieillir une ou deux années. Fermentés et élevés en barriques, les arômes sont alors plus chaleureux et plus veloutés.
CÔTES DE MONTRAVEL
L
’A.O.C. Côtes de Montravel s'applique à des blancs de coteaux, moelleux, issus de Sémillon, Sauvignon, et Muscadelle. L’ondenc et le chenin blanc peuvent également servir à l’élaboration de l’appellation Montravel. Légèrement moelleux, ils assurent une parfaite transition entre les Montravel (des blanc sec) et les Haut-Montravel (des vins moelleux ou liquoreux).
Le titrage de ces vins est compris entre 12% et 15% (et ne peut être inférieur à 11%) et la teneur en sucre doit être comprise entre 8 grammes minimum et 54 grammes maximum par litre.
Ces vins recèlent une grande complexité aromatique avec des notes florales qui s’expriment avec une agréable légèreté. Ils gagnent à vieillir quelques années.
Ils font merveille à l'apéritif, avec les viandes blanches, les poissons en sauce, le Bleu des causses et les fraises.
HAUT MONTRAVEL
Moelleux parce qu'issu de vendanges passerillées, ils peuvent par dérogation être liquoreux lorsque les raisins sont botrytisés (comme l’A.O.C. Saussignac). Comme pour l’A.O.C. Côtes de Montravel, le titrage de ces vins est compris entre 12% et 15% (et ne peut être inférieur à 11%) et la teneur en sucre doit être comprise entre 8 grammes minimum et 54 grammes maximum par litre.
Ils possèdent une excellente aptitude au vieillissement. Les liquoreux sont suaves et de grande concentration.
Délicieux à l’apéritif, les Haut Montravel s'accordent avec les viandes blanches, les poissons en sauce, le Bleu des causses et les fromages à pâte persillée, les fraises, le melon…MONTRAVEL ROUGE
L
es environs de Vélines produisaient du rouge qui porte désormais le label A.O.C. par décret du 23 novembre 2001. Ce Montravel rouge s’est doté de conditions de production très strictes qui font aujourd’hui références dans le Bergeracois et au-delà dans le vignoble Aquitain. Densité de plantation de 5 000 pieds minimum à l’hectare, surface foliaire de 6 000 m2 par hectare au minimum, obligation d’assemblage avec un minimum de 50% de Merlot, suivi parcellaire des conditions de production, élevage des vins sur 18 mois et agrément révolutionnaire après mise en bouteilles, confèrent à ce grand vin toutes les garanties de qualité et de traçabilité souhaitées par les consommateurs.
La couleur est intense, le nez marie des notes de fruits très mûrs à des notes grillées et légèrement vanillées, la bouche est pleine, ample, la finale longue. C’est un vin de grande richesse, structuré et puissant, à boire entre deux et dix ans.
Les Montravel Rouge sont parfaits avec les viandes rouges, gibiers, magrets, confits et fromages.

L’AOC Pécharmant

 

 

 

Ce petit vignoble de 300 hectares forme un amphithéâtre aux portes de Bergerac s'étandant sur les communes voisines de Creysse, Lembras et Saint-Sauveur. Il est réputé pour produire un vin rouge charnu de garde de grande typicité alliant puissance et grande intensité aromatique.
C'est le plus ancien vignoble du Bergeracois dont l'existence est attestée dès le XIe siècle.

 


Ce vin issu de Cabernet Franc, Cabernet Sauvignon, Merlot Noir et plus accessoirement de Côt ou Malbec doit titrer au moins 11%vol.
La saveur très typée du Pécharmant vient de la particularité de son sol dénommé « sables et graviers du Périgord », renfermant en profondeur une couche d’argile ferrugineuse : le « Tran ».
Les Pécharmant exhibent une robe profonde et présentent des arômes délicats, alliant puissance et grande intensité aromatique. Puissant, charnu et bien structuré, plus savoureux et tannique que le Bergerac, on pourrait facilement, à l'aveugle, le prendre pour un Pomerol ou un Saint-Emilion, selon qu’il est léger ou charpenté. Ce sont des vins de garde qui peuvent se consommer à partir de 3 ans, qui atteignent leur plénitude vers 6 ou 7 ans et peuvent se garder 15 à 20 ans, parfois plus.
Bien vinifiés, ils présentent un nez un peu vanillé, une bouche charnue et des parfums qui évoquent la violette et le réglisse.
Ils accompagnent idéalement les gibiers, les rôtis et les fromages.


L’AOC Rosette
Le terroir de Rosette est situé au Nord-Ouest de la ville de Bergerac, sur des coteaux ensoleillés de la rive droite de la Dordogne.
La superficie du vignoble pouvant bénéficier de l'appellation Rosette est seulement de 125 ha… et 10 viticulteurs ont revendiqué cette appellation en 2000, représentant 28 ha et 970 hl.
Une appellation discrète d’une grande distinction, réservée aux seuls initiés qui font l'effort de la dénicher !

 Le Rosette fait partie des plus anciennes appellations constituant le noyau des vins de la région de Bergerac. En effet, son terroir actuel correspond à l'ancien territoire de la Vinée de Bergerac. Reconnue par le décret du 12 mars 1946, elle disparut néanmoins pendant un certain temps et il fallut attendre les années 60 pour la voir réapparaître avec la venue d'un viticulteur rapatrié d'Afrique du nord.
Essentiellement issue de l’assemblage de 3 cépages, Sémillon, Sauvignon, Muscadelle, l’AOC Rosette est un vin à la robe légèrement paillée, au bouquet floral et fruité. Le sémillon s'y exprime en notes d'acacia ou de pamplemousse. Les raisins sont récoltés à surmaturité - légèrement botrytisés - puis pressés juste après la récolte.
Équilibrés, souples et ronds, ces vins blancs demi-secs ou moelleux (entre 8 et 54 grammes de sucre résiduel devant titrer de 12 à 15%vol) s'accordent bien au gras du fromage.
I
ls s’apprécient également à l’apéritif, sur des fruits de mer, des entrées à base de champignons ou de truffe.

L’AOC Monbazillac

Il est issu d'un terroir aux sols argilo-calcaires de 3 600 hectares établi sur cinq communes.
Connu depuis le XIVe siècle, le Monbazillac est l'un des plus célèbres vins liquoreux de France. Les Hollandais le découvrirent dès le XVIIème siècle, lorsque de nombreux huguenots bergeracois, chassés par la révocation de l'Edit de Nantes (16 octobre 1685), s'expatrièrent vers ce pays. L'engouement des Hollandais pour ce vin fit la fortune des vignerons périgourdins.


Issus de l’assemblage de trois cépages, Sémillon, Sauvignon et Muscadelle, l’AOC Monbazillac est sans aucun doute la figure de proue du vignoble Bergeracois mais aussi l’un des plus célèbres liquoreux de France. Il doit titrer au moins 14,5%vol (pour atteindre 18%vol les bonnes années), et contenir de 30 à 100 grammes de sucre résiduel.
Il est vendangé manuellement, par tries successives, en prenant bien soin de ne ramasser, à chaque « trie », que les grains parvenus à l’état de surmaturation, lorsque des champignons commencent à les envelopper. Cette « pourriture noble » (Botrytis Cinerea) est à l’origine du goût unique de ce nectar et de sa fabuleuse couleur or qui qui fonce avec le temps.
Ces vins liquoreux et gras possèdent une suavité toute particulière, dominée par des arômes incomparables de miel, d'acacia et de pêche, agrémentée par des nuances d'agrumes et de mirabelles confits.
On peut déguster le Monbazillac jeune, mais il gagne toujours à vieillir en cave. Le Monbazillac atteint sa maturité au bout de 3 ans, mais il peut se conserver un demi-siècle dans de bonnes conditions de stockage. Un Monbazillac de 15 à 20 ans d’âge révèle de subtils nuances de fruits et d’épices.
C’est l’accompagnateur habituel du foie gras et de l’apéritif, mais il fait également merveille sur le melon, les poissons en sauce, les viandes blanches et les fromages à pâtes persillées, ou au dessert (avec une crème à la rhubarbe et aux framboises par exemple).

L’AOC Saussignac

Petit par la taille (un peu plus de 50 hectares) mais grand par le talent, cet ancien vignoble de la rive gauche s’étend sur les coteaux ensoleillés de quatre communes coincées entre Monbazillac et les premières Côtes de Bordeaux.
Cette appellation date de 1982 et désigne des vins moelleux (et liquoreux par dérogation) qui entraient auparavent dans la catégorie des Bergerac secs.
Les vins blancs d'AOC Saussignac sont issus de l'assemblage des cépages Sémillon, Sauvignon, Muscadelle, Ondenc et Chenin blanc. Moelleux parce qu'issus de vendanges passerillées, ils peuvent par dérogation être liquoreux lorsque les raisins sont botrytisée (tout comme l'AOC Haut Montravel).
Vinifiés en moelleux, les Saussignac sont équilibrés, souples et possèdent un arôme subtil de miel, de fleurs (tilleul) et d’agrumes (pamplemousse). Vinifiés en liquoreux, ce sont des vins amples et riches, souples, ronds et d’une grande élégance qui développent avec le temps un bouquet généreux et complexe.
Il sont issus de grains aux nobles rides, cueillis manuellement par tries successives au seuil de la « surmaturation », et en une très faible récolte. Leur potentiel de garde est de 5 à 10 ans, mais ils peuvent néanmoins être consommés jeunes.
Les Saussignac se dégustent bien frais avec un foie gras, un poisson cuisiné, ou au dessert (pour accompagner un nougat glacé aux fruits confits et au miel par exemple).


Par Jean Michel LALUMIERE - Publié dans : VIN et VITICUILTURE
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