Le Vignoble Bergeracois
Le Vignoble Bergeracois
Établi sur les deux rives de la rivière la Dordogne, dans le département de la Dordogne, à l'est du bordelais, le vignoble du Bergeracois regroupe plus de 12 000 hectares répartis sur 93 communes.
Il s’étale en terrasses au-dessus de la vallée de la Dordogne et se répartit en plusieurs zones. La rive droite de la Dordogne est principalement constituée de terrasses dont les sols sont tapissés de graviers, de sables et d'alluvions. La rive gauche, particulièrement bien ensoleillée, possède souvent un relief plus accusé et marqué par la succession de coteaux, où les sols calcaires et argilo-calcaires prédominent.
Rare région viticole de France produisant autant de vins blancs que de vins rouges (52% de rouge, 48% de blanc), le Bergeracois offre l'extrême diversité de ses 13 AOC (Appellations d’Origine Contrôlée). Ses AOC Bergerac rouge, Bergerac sec, Bergerac rosé, Côtes de Bergerac rouge et Côtes de Bergerac moelleux sont des vins qui peuvent être produits sur l’ensemble de la région viticole. Par contre, les appellations Pécharmant, Rosette, Monbazillac, Saussignac, Montravel, Haut-Montravel et Côtes de Montravel sont des vins issus de terroirs géographiques bien délimités qui répondent à des conditions d’élaboration précises.
À chaque récolte, tous les vins du Bergeracois sont soumis à la dégustation et à l’analyse d’experts pour mériter l’Appellation d’Origine Contrôlée.
Depuis quelques années déjà, le vignoble Bergeracois suscite un intérêt croissant de la part d'investisseurs qui s'impliquent avec succès dans sa mise en valeur.
| Superficie : | |||||||||||||||||||||||||||||
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| – | Le vignoble de Bergerac couvre 12 700 ha répartis sur 93 communes, soit 2,6% de la surface viticole AOC d’Aquitaine (141 000 ha). | |||||||||||||||||||||||||||
| Production : | |||||||||||||||||||||||||||||
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| – – | La production moyenne (sur 5 ans) est de 610 690 hl, soit 8% de la moyenne sur 5 ans de la production AOC en Aquitaine (7 597 200 hl) et 2,4% de la moyenne sur 5 ans de la production nationale en AOC (25 362 800 hl). | |||||||||||||||||||||||||||
| Les hommes : | |||||||||||||||||||||||||||||
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| – | On compte 1 149 vignerons (récolte 2002) dont 45% sont indépendants et 55% sont regroupés en coopératives (produisant 31% de la production totale). Leur âge moyen est de 50 ans. | |||||||||||||||||||||||||||
| Exportations : | |||||||||||||||||||||||||||||
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| – | Environ 15% des ventes des AOC des Vins de Bergerac sont faites à l'export. | |||||||||||||||||||||||||||
| Divers : | |||||||||||||||||||||||||||||
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| 6 caves coopératives sont implantées sur le département de la Dordogne et 4 aux frontières du département. Bien que le vin fut introduit en France par les Étrusques, vers le VIIe siècle avant notre ère, c’est bien sous la conquête romaine que la vigne connut son expansion en Gaule. Avant cette époque, le vin était généralement importé d’Italie, comme le prouvent les abondantes traces d’amphores vinaires que l’on a retrouvées dans toute la vallée de la Dordogne. Mais dès le 1er siècle, les notables de Burdigalla (Bordeaux) appartenant à la peuplade celtique des Bituriges vivisques, décident de planter leur propre vignoble dans le Bordelais. Pour cela, ils firent appel à un cépage importé des Balkans, plus résistant au froid et donc mieux adapté aux terroirs et au climat océanique de la région. Ce cépage baptisé Biturica, du nom d’une tribu gauloise, se révéla être le lointain ancêtre du cabernet-sauvignon qui fait encore la réputation du vignoble Bordelais. Très rapidement, ces vignerons surdoués développèrent une culture prospère qui s’étendra à l’ensemble de la Gaule, et même bien au-delà. Toutefois, après la chute de l'Empire romain, les différentes invasions de Barbares et autres Sarrazins (qui n'étaient pas consommateurs de vin) ne favorisèrent pas le développement de la vigne. Mais c’est en partie grâce aux moines que la viticulture perdura, le vin de messe étant indispensable aux sacrements de l'Église chrétienne. C’est donc aux alentours des monastères et des abbayes que les vignes se cantonnèrent durant des siècles et que la viticulture continua de prospérer et de s'enrichir d'un savoir-faire dont nos actuels vignerons sont les dignes héritiers. C’est ainsi qu’en 1080, les moines bénédictins installent leur prieuré et entreprirent dès le XIIe de cultiver la vigne à Bergerac et sur les coteaux de Monbazillac. La légende leur attribue la découverte fortuite de la «pourriture noble» : trop occupés ailleurs, les moines auraient délaissé leurs vignes laissant le Botrytis Cinerea s’y développer. Refusant ensuite de perdre la récolte, ils auraient involontairement découvert les vertus de la surmaturation qui est à l’origine du Monbazillac. XIIe siècle : L'Angleterre et la naissance d'un grand vignoble commercial
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Le Rosette fait partie des plus anciennes appellations constituant le noyau des vins de la région de Bergerac. En effet, son terroir actuel correspond à l'ancien territoire de la Vinée de Bergerac. Reconnue par le décret du 12 mars 1946, elle disparut néanmoins pendant un certain temps et il fallut attendre les années 60 pour la voir réapparaître avec la venue d'un viticulteur rapatrié d'Afrique du nord.
Essentiellement issue de l’assemblage de 3 cépages, Sémillon, Sauvignon, Muscadelle, l’AOC Rosette est un vin à la robe légèrement paillée, au bouquet floral et fruité. Le sémillon s'y exprime en notes d'acacia ou de pamplemousse. Les raisins sont récoltés à surmaturité - légèrement botrytisés - puis pressés juste après la récolte.
Équilibrés, souples et ronds, ces vins blancs demi-secs ou moelleux (entre 8 et 54 grammes de sucre résiduel devant titrer de 12 à 15%vol) s'accordent bien au gras du fromage.
Ils s’apprécient également à l’apéritif, sur des fruits de mer, des entrées à base de champignons ou de truffe.
L’AOC Monbazillac
Il est issu d'un terroir aux sols argilo-calcaires de 3 600 hectares établi sur cinq communes.
Connu depuis le XIVe siècle, le Monbazillac est l'un des plus célèbres vins liquoreux de France. Les Hollandais le découvrirent dès le XVIIème siècle, lorsque de nombreux huguenots bergeracois, chassés par la révocation de l'Edit de Nantes (16 octobre 1685), s'expatrièrent vers ce pays. L'engouement des Hollandais pour ce vin fit la fortune des vignerons périgourdins.
Issus de l’assemblage de trois cépages, Sémillon, Sauvignon et Muscadelle, l’AOC Monbazillac est sans aucun doute la figure de proue du vignoble Bergeracois mais aussi l’un des plus célèbres liquoreux de France. Il doit titrer au moins 14,5%vol (pour atteindre 18%vol les bonnes années), et contenir de 30 à 100 grammes de sucre résiduel.
Il est vendangé manuellement, par tries successives, en prenant bien soin de ne ramasser, à chaque « trie », que les grains parvenus à l’état de surmaturation, lorsque des champignons commencent à les envelopper. Cette « pourriture noble » (Botrytis Cinerea) est à l’origine du goût unique de ce nectar et de sa fabuleuse couleur or qui qui fonce avec le temps.
Ces vins liquoreux et gras possèdent une suavité toute particulière, dominée par des arômes incomparables de miel, d'acacia et de pêche, agrémentée par des nuances d'agrumes et de mirabelles confits.
On peut déguster le Monbazillac jeune, mais il gagne toujours à vieillir en cave. Le Monbazillac atteint sa maturité au bout de 3 ans, mais il peut se conserver un demi-siècle dans de bonnes conditions de stockage. Un Monbazillac de 15 à 20 ans d’âge révèle de subtils nuances de fruits et d’épices.
C’est l’accompagnateur habituel du foie gras et de l’apéritif, mais il fait également merveille sur le melon, les poissons en sauce, les viandes blanches et les fromages à pâtes persillées, ou au dessert (avec une crème à la rhubarbe et aux framboises par exemple).
L’AOC Saussignac
Petit par la taille (un peu plus de 50 hectares) mais grand par le talent, cet ancien vignoble de la rive gauche s’étend sur les coteaux ensoleillés de quatre communes coincées entre Monbazillac et les premières Côtes de Bordeaux.
Cette appellation date de 1982 et désigne des vins moelleux (et liquoreux par dérogation) qui entraient auparavent dans la catégorie des Bergerac secs.
Les vins blancs d'AOC Saussignac sont issus de l'assemblage des cépages Sémillon, Sauvignon, Muscadelle, Ondenc et Chenin blanc. Moelleux parce qu'issus de vendanges passerillées, ils peuvent par dérogation être liquoreux lorsque les raisins sont botrytisée (tout comme l'AOC Haut Montravel).
Vinifiés en moelleux, les Saussignac sont équilibrés, souples et possèdent un arôme subtil de miel, de fleurs (tilleul) et d’agrumes (pamplemousse). Vinifiés en liquoreux, ce sont des vins amples et riches, souples, ronds et d’une grande élégance qui développent avec le temps un bouquet généreux et complexe.
Il sont issus de grains aux nobles rides, cueillis manuellement par tries successives au seuil de la « surmaturation », et en une très faible récolte. Leur potentiel de garde est de 5 à 10 ans, mais ils peuvent néanmoins être consommés jeunes.
Les Saussignac se dégustent bien frais avec un foie gras, un poisson cuisiné, ou au dessert (pour accompagner un nougat glacé aux fruits confits et au miel par exemple).





